La ferme des Cathelins

Au cœur de la passion

Amélie et Jean-Michel Père

C’est dans le village de Montgilbert qu’Amélie et Jean-Michel Père ont repris une exploitation de chèvres laitières en 2014. Pour ce jeune couple rien ne semblait pourtant présager qu’il se lancerait dans une telle aventure. Tout d’abord avec son accent chantant Jean-Michel ne cherche pas à cacher ses origines du sud-ouest, du Tarn. Il le revendique même avec une certaine fierté. Son gabarit de Rugbyman nous fait vite comprendre qu’il a quelques antécédents dans le monde de l’ovalie. Il a longtemps joué à un très bon niveau mais les blessures l’ont écarté des stades. Il a ensuite travaillé en tant que technicien conseil dans l’électricité. C’est à Toulouse qu’il a rencontré Amélie, cette jeune Savoyarde qui avait quitté les montagnes pour travailler en tant qu’ingénieur agroalimentaire au poste de responsable qualité tout d’abord dans une entreprise qui fabriquait du foie gras. Bref tout semblait tracé pour vivre une vie de citadins avec un certain confort matériel !

L’appel de la Montagne

Leur souhait à tous les deux était de s’installer dans l’Aveyron mais aucune opportunité de reprise ne s’est présentée. C’est donc l’appel de la montagne qui a eu le dernier mot pour trouver leur bonheur en 2014 à Montgilbert. Un village qu’Amélie connait très bien puisqu’il s’agit de celui où ont vécu ses grands-parents.

C’est avec 46 chèvres laitières qu’ils ont débuté sur cette exploitation de 18 hectares. Ils savaient que l’aventure ne serait pas simple. En 2016, une intoxication d’origine alimentaire a décimé environ 80 % du troupeau. Après deux ans d’activité, bon nombre auraient sans doute rendu les armes. Mais après le coup de déprime vient l’orgueil et la volonté de se dire « on va se relever et montrer que nous sommes capables d’atteindre notre objectif » disent à l’unisson Amélie et Jean Michel. Aujourd’hui l’histoire semble leur donner raison et ils ont maintenant 95 brebis et non plus des chèvres laitières.

Une ouverture sur les autres

Cette petite « entreprise » semble avoir trouvé son rythme de croisière. Enfin, une croisière où on ne prend pas trop le temps de s’amuser puisque tout est pris en charge de A à Z. Ca va de la traite des brebis deux fois par jour à la fabrication des fromages, l’affinage, jusqu’à la vente sur les marchés. Bref pas vraiment le temps pour du farniente.

« Notre volonté c’est aussi de nous ouvrir sur les autres et de faire découvrir notre métier en ouvrant les portes de la ferme au public. C’est toujours un vrai plaisir de voir les enfants mais aussi les adultes s’émerveiller devant les animaux et de s’intéresser à notre travail » a précisé Amélie.

Pour ce qui est de leurs propres loisirs, ils n’ont pas fait une croix dessus d’autant plus qu’un petit Lubin âgé de 6 ans fait lui aussi partie de l’aventure. Chaque année ils s’offrent une semaine de vacances dans les Landes au mois de novembre pour changer d’air en famille. Visiblement un équilibre semble s’être installé dans cette petite famille.

Pour ce qui est des objectifs, une de leurs priorités serait de pouvoir obtenir une autonomie fourragère car ce budget représente une part importante. En revanche, pas question de folies des grandeurs et visiblement le voisinage n’a pas à s’inquiéter, ce n’est pas pour demain qu’il y aura une ferme des 1000 brebis sur les hauteurs de Montgilbert !

Portrait réalisé par Laurent Cousin

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© Laurent Cousin