Louis Abel ALARY
Pari gagné sur tapis vert

A l’instar de Laurent Voulzy qui chantait « je suis né dans le gris par accident », Louis Abel Alary pourrait reprendre les paroles par « je suis né à Paris par accident ». Effectivement à le voir aujourd’hui dans ses maraichages de Saint-Julien Mont-Denis on a du mal à imaginer que sa ville natale soit Paris. D’ailleurs, il s’empresse d’ajouter «je suis né à Paris mais j’ai grandi à la campagne, c’est ce qui m’a donné le goût de la nature ». On comprend alors que son premier travail qui consistait à faire l’analyse de la valeur dans l’immobilier n’était pas tout à fait adapté à son idéal de vie. Sa première étape a été de quitter la région parisienne pour s’approcher des montagnes. Il part travailler à Grenoble comme cartographe. Là encore, bien qu’il soit possible de vite pouvoir s’évader de la ville, l’agitation urbaine ne lui convient pas. Il envisage alors une reconversion dans un métier plus manuel et loin du tumulte de la ville.

Au hasard d’une rencontre

A l’occasion d’un co-voiturage, il rencontre un agriculteur de Valloire qui lui parle de terres disponibles à Saint-Julien. Louis se rend sur place et tombe sous le charme de l’endroit « le site correspondait à ce que je recherchais, pas trop de pente, un terroir intéressant, du vent, du soleil et pas mal de murets avec en plus un réseau historique d’alimentation en eau. » Il contacte alors la mairie qui l’oriente vers l’AFP (Association Foncière Pastorale) qui l’accompagne dans son projet notamment pour l’apport en eau du terrain.

En novembre 2015, il se lance dans l’aventure mais avant d’envisager la moindre plantation, la tâche allait être immense pour défricher le terrain. Il commence alors sur 1000 m2 ce qui s’avère vite insuffisant pour permettre de rendre le projet viable. Aujourd’hui son exploitation s’étend sur 2 hectares cultivés en bio.  Le démarrage a été difficile et sans trésorerie et aucune aide il reconnaît qu’il n’aurait sans doute pas pu passer le cap de la seconde année. Sur ces belles parcelles poussent maintenant salades, pommes de terre, choux et bien d’autres légumes encore. On imagine l’ampleur du travail pour obtenir ce résultat. Si aujourd’hui l’aventure n’est pas de tout repos, à aucun moment Louis ne semble regretter sa vie d’avant. Cette autonomie et le fait de travailler pour nourrir les gens lui apportent une réelle satisfaction avec le sentiment de faire quelque chose de concret.

Ses légumes sont vendus sur place un jour par semaine. On les trouve aussi sur le marché de Modane, Biocoop, le panier de Maurienne ou encore à la carte du restaurant l’Echappée à Modane. « C’est très gratifiant de savoir que ses légumes sont mis en valeur par un chef cuisinier » a précisé Louis.

Si son activité est très chronophage, il s’accorde tout de même du temps libre pour partager des moments en famille. Avec sa compagne Gentiane, et leurs 3 petites filles Suzanne 3 mois et demi, Luce 2 ans et Lisandre 3 ans et demi, ils apprécient les promenades en montagne. « J’aimerais vraiment pouvoir consacrer plus de temps à ma famille » précise Louis et d’ajouter « mon objectif serait de pouvoir m’associer ou trouver une personne avec qui je pourrais partager les responsabilités. »

C’est d’autant plus compréhensible que déjà d’autres projets sont en train de germer dans sa tête. C’est sans doute encore un peu trop tôt pour en parler mais au-delà du maraîchage, il aimerait pouvoir développer d’autres activités dans le village et y jouer un rôle social.

Réalisation par Laurent Cousin, www.laurentcousinphotographe.fr

Copyright Photos : Laurent Cousin